Les Années Mao en France – Hourmant François

Les Années Mao en France – Hourmant François

Nul portrait mieux que celui de Mao ne saurait rendre compte, sur fond de culte de la personnalité, de la passion chinoise qui sévit en France entre 1966 et 1976. Cette décennie charnière vit s’épanouir puis s’étioler l’astre chinois. La Révolution culturelle engendra une extraordinaire prolifération scripturale,picturale, sémiologique et idéologique, que la mort de Mao vint clore dix ans plus tard. À l’instar du Grand Timonier, lançant les Gardes rouges à l’assaut des citadelles conservatrices afin d’opérer une table rase sur laquelle s’édifierait un nouvel empire du Milieu, la Chine maoïste fut une incroyable surface de projections et d’attentes. Mao en devint le symbole, aussi célèbre et célébré que son alter ego cubain, Ernesto « Che » Guevara. Source d’inspiration pour les artistes et support de dévotion pour ses thuriféraires, il a irrigué un engouement planétaire. En s’emparant de cette figure, Warhol consacre l’icône. Cette réappropriation résume à elle seule cette Maomania, du culte du portrait au portrait culte. La Chine a donc suscité un « corpus de témoignages et reliques […] destiné à rester l’un des plus étonnants exemples de fabrication d’une mythologie collective de notre histoire1 ». Cette intense production idéologique, intellectuelle, artistique, prit en effet des formes multiples : manifestes politiques et journaux militants, films et documentaires, récits de voyage et témoignages imparables, romans et tableaux furent les symptômes de cette étrange fascination.



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